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Comment optimiser et rentabiliser le temps disponible pour faire travailler le passeur durant un cycle hebdomadaire ?
Il s'agit d'un extrait du livre "la passe" de Ralph HIPPOLYTE, qui se place dans le contexte exclusif d'une semaine à 2 entrainements quotidiens, avec un match, et dont les protagonistes (entraîneurs et joueurs) sont professionnels. Cela ne constitue pas nécessairement l'unique voie pour développer un travail à moyen terme, et il ne tient qu'à vous d'adapter le présent article à vos conditions matérielles (temps disponible, ressources humaines, créneaux d'entraînement) en regroupant certaines étapes. Le problème essentiel résidera dans la hiérarchisation des priorités. Lundi - Mardi - Mercredi - Jeudi - Vendredi - Samedi - Dimanche |
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Lundi : S'occuper des blessures.... L'équipe et l'entraîneur étudient le match du samedi précédent. Un montage vidéo permet de mettre en évidence les points clés et les leçons à tirer. Un entraînement léger met en évidence les faiblesses du match passé et essaie de mieux les comprendre, tout en commençant la préparation pour le prochain match. Les joueurs doivent déjà avoir une idée globale du prochain adversaire. Sachant que dans la prochaine équipe, 4 joueurs servent smashé, le passeur devra beaucoup travailler la liaison pénétration-passe, les passes sur moyennes et mauvaises réceptions, les couloirs arrières et les passes rapides sur des balles éloignées du filet. Les entraîneurs commencent à explorer les possibilités d'un plan de jeu. Les joueurs terminent la journée avec une séance de musculation pour récupérer. Tandis que le passeur observe et discute le jeu adverse avec le staff d'entraîneurs, il prend des notes pour établir une vue globale du jeu adverse, tout en étudiant les statistiques de chaque rotation. Le travail personnel a commencé. Mardi : Discuter de ses impressions et du plan de jeu avec les entraîneurs. Tout d'abord, évaluer la profondeur et la forme des joueurs de son équipe, en déduire les forces et les faiblesses des rotations d'un point de vue offensif. Déterminer ensuite les besoins et formuler les rapports de force possibles. Commencer à utiliser les fiches d'observation et les statistiques. Le processus de comparaison, l'évaluation des actions possibles et des probables a commencé. De plus, il faut lier toutes les décisions à la philosophie et aux tendances adverses (il ne joue presque exclusivement qu'en contre de lecture). Passeurs, joueurs et entraîneurs, après l'étude du montage vidéo, échangent leurs opinions et points de vue. L'inconscient collectif a un rôle important à jouer si on veut obtenir l'adhésion totale de l'équipe. L'entraînement qui suit permettra d'essayer de nouvelles idées et une ébauche de plan de jeu. Après l'entraînement, une autre séance vidéo peut permettre de montrer le but de ces actions. Les joueurs, surtout le passeur, doivent déjà commencer à visualiser leur rôle individuel et collectif pour le match à venir. Le second entraînement doit permettre de travailler les éléments clés du plan de jeu, rotation par rotation. Ensuite, il faut segmenter l'entraînement en phase de jeu : changement de service, transition par point, cadeau, après un soutien.... Il faut analyser le jeu globalement mais aussi par séquences. Les différentes phases de jeu demandent des décisions différentes. Il est important de tout travailler mais l'utilisation des séquences et des segments permet d'approfondir la préparation de l'équipe. L'entraîneur, ainsi que le passeur doivent comprendre la notion d'accent. Finir la journée par un travail de souplesse et de prévention. Chez lui, le passeur étudie une copie du montage vidéo, prend des notes, les compare aux notes des matches passés, au plan de jeu. Il doit en tirer les grandes lignes possibles, les tendances de jeu et les invariants. Avant l'entraînement du mercredi, le passeur doit :
Mercredi : Analyser, détailler, discuter de manière approfondie avec l'entraîneur-adjoint pour construire un algorythme d'attaque en élaborant des solutions possibles par rapport aux hypothèses. Il faut avoir étudié toutes les possiblités d'avantage physique. Passeur et entraîneur évaluent l'effet et l'utilisation des "individualités marquantes". Il est important de comparer le montage vidéo avec le plan de jeu, les seuils statistiques voulus, l'efficacité des rapports de force et aussi avec le montage vidéo de l'adversaire. Commencer à éliminer le superflux, séparer l'excellent du bon, et le bon du moyen. Le passeur doit très vite percevoir ce qui marche de ce qui marche moins bien, mais qui constitue un élément essentiel du plan de jeu. Ce procédé permet de focaliser le travail et les besoins du moment. Par exemple, il faut travailler le jeu rapide quand les balles sont loin du filet. L'entraîneur et le passeur peuvent utiliser les ralentis pour mieux étudier la défense adverse. L'analyse image par image permet une analyse fine et exacte des temps de jeu. Il faut alterner analyse vidéo et entraînement pour mettre en valeur, faire ressortir et comprendre les points clés. De combien de temps dispose-t-on ? Qu?est-ce qu'on voudrait faire ? Quelles sont les possibilités réelles ? De combien de temps a-t-on besoin ? En alternant analyse vidéo, étude de possibilités et discussion avec les entraîneurs, le passeur peut maîtriser le plan de jeu. Il faut bien faire ressortir les possibles. Finir la journée par un travail de saut et de récupération spécifique (sauna...). JEUDI : A la vidéo, faire une étude approfondie du montage avec une évaluation critique du plan de jeu. Travailler le changement de service, commencer par un travail où sont affinées les inter-actions. Finir l'entraînement par une mise à l'épreuve du passeur, le 6 de base devant être capable de tourner 12 fois d'affilée contre la 2ème équipe. A l'entraînement du soir, travailler les joueurs clés. Ensuite, enchaîner sur ce qu'il est possible de faire dans les situations difficiles. Où et comment donner la balle sur contre-attaque et après des situations de soutien ? Surtout quel choix et quelle passe faire pour gérer les séries, les fins de sets et les fins de match ? Finir avec une analyse vidéo. Le passeur apprend à reconnaître les situations clés et élimine tout ce qui est superflu et peu sûr. Chez lui, il se détendra et rêvera un peu en espérant que le sommeil sera fructueux. VENDREDI : Comparer le montage vidéo de l'adversaire avec la vidéo de l'entraînement du jeudi. Les montages ne doivent pas durer plus de 10 minutes et se concentrer sur l'essentiel. Le passeur ou l'entraîneur ne peuvent jamais anticiper toutes les décisions, toutes les situations. Le passeur doit donc apprendre à apprendre et à être capable de gérer ou de faire évoluer les systèmes. Cependant il faut beaucoup de travail préalable pour contrôler les situations difficiles avec pression et crise de temps. Entraîner les points clés et les situations difficiles. Le passeur doit être le plus près possible de la réaction "stimulus-réponse". Il faut aussi affiner les rapports de force importants dans chaque rotation. Travailler aussi sur les besoins individuels. Finir avec l'exercice des 12 rotations d'affilées. Les joueurs et le passeur devraient regarder la vidéo à la maison, munis d'un plan de match écrit. SAMEDI : La séance du matin doit porter sur les besoins individuels. Avant le match, revoir le montage vidéo et récapituler le plan, tout en se concentrant sur les points essentiels. Pendant le match, il faut :
Le volley-ball de haut niveau est caractérisé par la vitesse de jeu. Le passeur en particulier doit prendre des décisions dans une crise de temps et être de plus en plus précis. Ces décisions prises dans un temps très court peuvent avoir une importance capitale. C'est pour cela que le grand passeur doit comprendre la notion d'économie, c'est-à-dire aucun effort, pensée, mouvement, et geste superflu. A cela, il faut ajouter l'utilisation optimale du rythme, du temps, de l'espace, de l'énergie et finalement la notion de flux (de mouvements, de masse, de jeu, de situation, d'énergie). Le passeur de haut niveau maîtrise ses sensations internes. L'exécution physique de la passe est une question de répétition. La vitesse de pensée du passeur du passeur es tessentielle pour le passeur, il doit aussi rester concentré et maintenir équilibre et stabilité émotionnelle malgré une pression très importante. Souvent la décision prise en un instant par le passeur peut décider du match. Après le coup de sifflet de l'arbitre, il y a peu de temps morts pour analyser et choisir. Surtout en volley-ball, à cause de l'instabilité de la réception, on ne domine pas le point de départ de l'action. Quand la réception est bonne, le passeur subit une pression tactique, il lui faut battre le contre. Quand la réception est mauvaise, il lui faut faire des passes parfaites et précises. Cette indécision oblige le passeur à préparer des programmes différents ; souvent, les variantes sont très subtiles mais elles doivent tenir compte de la situation et de la rotation. Plus les changements sont subtils, plus ils sont difficiles à identifier et à gérer. Le passeur doit maîtriser les rythmes du jeu :
La gestion du temps doit être optimale. Une négligence causée par un manque de préparation, d'engagement et de vitesse peut faire basculer l'inertie de jeu et la capacité de prise de décision.Le passeur doit apprendre à penser en séries, lier les décisions pour en retirer un effet cumulatif. Il faut préparer les décisions le plus tôt possible. Le passeur doit :
Les prises de décisions constituent la difficulté et la surcharge de travail attaché au poste de passeur. Tout doit partir de chiffres concrets. L'entraîneur doit vite voir quand le passeur a perdu l'initiative (par exemple, quand ce dernier n'exploite pas un avantage). DIMANCHE : Jour de repos. Penser, réfléchir sur le match de samedi tandis que les entraîneurs préparent la critique du match de la veille. Il faut évaluer la performance de façon concrète pour évaluer la valeur du plan de match précédent et pour aborder le prochain avec des éléments concrets. |
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