Salut Stéphane. D'abord Félicitation pour votre titre de Champion de France 2003 acquis il y a quelques semaines à Ajaccio. Vous étiez très attendus lors de ces finales, je suppose que ce titre était un de vos objectifs même si la qualification au J.O. reste votre priorité ? Comment avez vous géré cela ?
"Nous avons géré au moment, c'est à dire que nous nous sommes simplement dit avant le tournoi qu'il fallait faire l'effort d'atteindre cet objectif; ensuite nous avons géré le tournoi au fur et à mesure qu'il avancait. Il faut prendre le temps d'être disponible, concentré, performant, attentif et attentionné dans chacune des situations qui se présentent à nous (les événements sportifs, médiatiques et familiaux)."
Les World Series de Marseille, c'est toujours le moment phare du beachvolley en France. Vivez-vous ça comme une pression ou un avantage ?
"Marseille reste une étape clef dans notre saison puisque nous jouons chez nous, et le fait que ce soit un grand slam apporte aussi une note stratégique qui place cet événement dans les objectifs majeurs de notre saison, c'est donc une pression assez importante. l'avantage est que le public nous soutient, le central vibre pour nous, à condition de répondre à son attente, et c'est là que vient la gestion du stress."
L'organisation de Marseille est-elle exemplaire, au vu de ce que vous avez vécu dans le monde entier ?
"C'est une étape très particulière on pourrait la comparer au Wimbledon du tennis puisque la surface est rapide, sable dur et le vent accélère considérablement les matchs. Elle fait partie des plus prestigieuses du World Tour, la seule qui pourrait actuellement la dépasser est l'Autriche puisqu'il y règne un sentiment d'abondance totale dans tout les secteurs : public, organisation, VIP, soirée, tout est énorme pendant une semaine."
Votre paire représente la discipline du beachvolley dans tout le pays, souffrez-vous du manque de médiatisation ? avez-vous des idées pour améliorer cela ? Que vous a apporté votre site Internet ?
"Le championnat de France cet été a montré la voie en terme de médiatisation avec la télé, nous verrons les retombées l'an prochain, j'espère qu'elles seront bonnes pour les joueurs. On remarque un manque de médiatisation dans les résultats français à l'étranger, mais aussi au sein du groupe France. Il n'y a en fait aucune planification médiatique autour du team France, personne pour mettre en avant les bons résultats de ses performeurs français. Quand on parle de résultats, il faut faire partie de la famille du beach pour connaître les informations. Nous avons réagit en prenant l'initiative de financer notre site Internet pour essayer de combler cette carence afin de mettre en avant les résultats des français à l'étranger. L'information doit être apportée aux médias: la Fédération étant en attente, elle ne provoque pour l'instant aucun engouement médiatique pour le team France qui n'existe pas vraiment en fait, puisque tout le monde se débrouille un peu à la va-vite. Il n'y a pas de charte entre les joueurs, les promoteurs et la Fédération, cela peut voir le jour avec l'association des joueurs: une force pour représenter les attentes des joueurs est de donner un sens au travail de chacun. Un team peut être établi avec des joueurs, des entraîneurs, un commercial qui trouve des partenaires, un attaché de presse qui met en évidence les différents résultats, le cercle serait donc constitué autour du sport, des sponsors et des médias avec des personnes travaillant toutes dans le même sens, avec des objectifs communs, une équipe performante dans des domaines précis."
Quel statut avez-vous actuellement ? amateur ? professionnel salarié de la FFVB ou d'une société privée ? Comment arrivez-vous à vivre pour et par votre passion ?
"Nous avons créé notre propre société la SARL Playatittude dont nous sommes les deux actionnaires avec Mathieu pour trouver enfin une réponse au vide juridique dans lequel nous nous trouvions, un expert comptable nous aiguille. Les rentrées d'argent sont les gains des tournois et les sponsors. C'est pour l'instant la solution que nous avons trouvé pour vivre notre passion."
Quelles sont les pistes de travail à suivre pour monter le niveau des joueurs et joueuses françaises dans l'échiquier mondial ? N'est-il pas trop tard au vu de la véritable culture instituée dans certains pays comme le Brésil les USA ou l'Australie ?
"Il faut des structures d'entraînement à l'année avec des paires qui choisissent de faire du beachvolley leur activité principale, donc un programme d'entraînement adapté, avec musculation et technique, organiser des stages d'entraînement avant les périodes de compétition et essayer d'avoir des échanges internationaux."
Comment vous entraînez-vous ? avec des joueurs français ? des paires étrangères ?
"Au commencement, nous partions souvent à l'étranger pour faire des stages avec des amis du World Tour: Porto Rico, cuba... Maintenant, nous avons le CREPS de Montpellier qui propose une structure d'entraînement potable mais pas performante. Nous nous entraînons avec Kévin Ces et Yannick Salvetti toute l'année. L'année qui vient, nous introduirons -j'espère- plus d'échanges internationaux pour connaître les résultats de notre travail face à des paires mieux classées, mondialement si possible."
De nombreux projets d'implantation de structures couvertes d'entraînement sont à l'étude un peu partout en France, sous l'impulsion de volontés locales. Est-ce la bonne solution, ou serait-il plus intéressant d'aller vous entraîner dans les DOMTOM ou à l'étranger ?
"Le développement du beach passera sûrement par l'implantation de salle de beach sur le territoire, l'important sera la gestion de ces salles puisque -comme le tennis- elle provoquera un engouement populaire, ce qui drainera un travail de prospection plus large et donc des possibilités supérieures à l'atteinte du haut niveau. Les Dom-Tom sont de bonnes solutions l'hiver, à partir du moment où il y a des joueurs de haut niveau qui s'y déplacent, il faut donc de l'argent et cela pose des problèmes d'organisation, les cocotiers et le sable blanc ne suffisent pas."
Quel est le public du beachvolley ? Quelles sont les valeurs que vous tentez de véhiculer, en tant qu'ambassadeurs de votre discipline ?
"Le public est composé de vacanciers ordinaires, puisque la structure vient au public: on construit des tribunes sur des plages gorgées de monde, c'est le paradoxe que le joueur doit toujours affronter puisqu'il se trouve introduit dans un monde de spectacle de fête alors que lui il n'est pas du tout là pour faire la fête, c'est un sportif qui doit souvent aller au bout de lui-même car la discipline est très exigeante.
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Quels sont vos projets de reconversion après le beachvolley ?"
"Prendre un peu le temps de vivre auprès des miens..."
un petit mot pour tous les amateurs de beachvolley qui vont lire cette interview ?
"Vive l'esprit de la plage. Le plus beau: regarder le soleil se coucher les pieds dans l'eau après une bonne journée de beach...."
Merci Stéphane et bonne chance pour la suite de vos compétitions.