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:: La World League édition 2010 ::
Après une médaille d'argent, les choses évoluent: on devient une équipe à battre par challenge, avec un standing, et des résultats planchers plus élevés. La pression est plus élevée lorsque l'on sort de l'anonymat. Elle le sera d'autant plus que cette médaille a été acquise après les JO, au cours d'une saison où les équipes nationales sont traditionnellement remaniées en profondeur. Il va falloir prouver que cette médaille ne repose pas sur l'extraordinaire demi-finale gagnée aux dépends de la Russie, mais bien sur les qualités individuelles d'une équipe qui a su se construire dans la discrétion ! La tâche sera rude pour Philippe Blain et son équipe, qui vont en plus devoir faire oublier les déboires financiers de la FFVB pour ne pas alimenter plus de polémique.

:: LES BLEUS ::
- Passeurs: Yannick Bazin (Paris Volley) - Benjamin Tonuitti (Sète)
- Libéro: Hubert Henno (Cuneo / Ita)
- Centraux: Oliver Kieffer (Poitiers) - Jean-Philippe Sol (Poitiers) - Romain Vadeleux (Saint-Quentin)
- Réceptionneur-attaquants: Edouard Rowlandson (Sète)
- Attaquant-réceptionneurs: Nicolas Maréchal (Poitiers) - Earvin Ngapeth (Tours) - Guillaume Samica (Panathinaikos / Gre) - Baptiste Geiler (Sète)
- Pointus: Antonin Rouzier (Poitiers)
A l'issue des matchs disputés contre la Pologne, Philippe Blain a affiné sa sélection. Il a écarté Jeff Exiga pour ne retenir qu'Hubert Henno au poste de libéro. C'est aussi et surtout la fin du suspense autour des trois passeurs: ce sera Yannick BAZIN (dont personne n'a oublié l'Euro 2009) qui sera premier passeur, secondé par Benjamin TONIUTTI dont personne n'a oublié la fantastique saison avec l'Arago. Pierre PUJOL lui, ira avec le génial Jean SENGES pour se refaire une santé physique et tenter de revenir en pleine forme pour le mondial Italien.
Philippe Blain pourra aussi profiter de l'excellent travail de formation du CNVB, puisqu'Edouard Rowlandson en réceptionneur-attaquant pour renforcer la réception en fin de set (le fameux concept du second libéro), et que Baptiste Geiler aura le rôle d'attaquant-réceptionneur tout en doublant le poste d'Antonin Rouzier en pointe. Ce sera aussi la première grande compétition pour Earwin NGAPETH, dont on attend de voir les progrès face aux meilleures formations mondiales ! On ne peut pas s'empêcher de voir en Ngapeth un nouveau phénomène Granvorka, et en Toniutti un nouveau Fabiani, voila qui promet !! L'avenir dira si les progrès de ces joueurs les ont propulsés au statut de joueur qu'on oublie pas. Quant à Stéphane Antiga, il va lui aussi se refaire une santé tranquillement, avant de tenter un retour en force pour le mondial en Italie !
On retrouvera donc Tolar, Pujol, Exiga, Hardy-Dessources, Ragondet et Tuia pour le mondial, pour lequel ils tenteront de se faire sélectionner. Contrairement aux éditions précédentes, le staff n'envisage pas de faire tourner son collectif pendant la Ligue Mondiale en vue de préparer le championnat du Monde. De là à en déduire que l'objectif de se qualifier pour la poule finale n'est plus un objectif secondaire, il n'y a qu'un pas ! Il est vrai qu'après une finale de championnat d'Europe, une poule finale de Ligue Mondiale attiserait l'intérêt des médias avant l'échéance italienne, tout en remplissant des caisses fédérales qui sonnent creux ! Du coup, on se plait à croire que les bleus du volley sauront se faire entendre pendant un autre mondial, en Afrique du Sud...
On notera aussi le retour dans le staff de l'Italien Roberto Serniotti, et l'absence de Mauricio Paes, actuellement au Brésil. Aux côtés d'Oliver Lecat, Jocelyn Trillon, et Cédric Enard, ce sont donc quatre adjoints sur lesquels Philippe Blain pourra s'appuyer pour l'entrainement et la préparation de match. Un staff qui peut paraitre étonnant, mais qui se situe au standard de ce qui se fait dans les grandes équipes actuellement. La préparation de match de plus en plus précise ne laisse rien au hasard, et la quantité d'informations augmente avec la capacité des logiciels à l'intégrer. Comme le temps entre deux matchs n'est pas extensible et que l'époque où les entraineurs travaillaient toute la nuit à décortiquer le jeu armés de magnétoscopes à télécommandes est révolu, c'est donc le nombre d'entraineurs qui augmente ! Plus d'informations, plus de réactivité, plus de traitement, mais aussi plus de fraicheur intellectuelle et plus de lucidité, voilà ce qui caractérise les staffs des années 2010 !

:: LES ADVERSAIRES ::
Pour préparer cette Ligue Mondiale, Philippe Blain a pu s'offrir le luxe de jouer deux matchs amicaux contre la Pologne Championne d'Europe en titre. Une sorte de privilège de finalistes, pendant que les non qualifiés d'office pour 2011 jouaient eux les qualifications, tout comme l'équipe de France féminine.
Un statut partagé par la Serbie, qui évoluera cette année sans son passeur fétiche Grbic (fraichement champion d'Italie), sans Milijkovic parti gagner quelques dollars au Qatar où il vient de remporter la Coupe de l'Emir, et sans Geric. Autour des nouveaux cadres Janic, Podrascanin et Stankovic, la Serbie proposera elle aussi une équipe jeune et remaniée. Le duel avec les bleus s'annoncera technique et équilibré !
Un profil que n'aura pas l'équipe d'Italie: organisatrice du mondial, la squadra va devoir remplir le double objectif de se préparer le mieux possible pour son objectif principal, tout en développant le meilleur jeu possible sur un groupe qui va devoir gérer la fatigue d'une saison qui s'annonce plutôt longue ! L'expérimenté coach Andrea Anastasi ne prend d'ailleurs pas grand risque avec de jeunes joueurs, puisqu'on retrouvera probablement les inusables Mastrangelo, Fei, Sala, Cernic et Vermiglio sur le terrain. Les Italiens viennent eux d'obtenir leur ticket pour l'Euro au terme des tournois de qualification, non sans avoir ramassé un 3-0 par la Turquie entrainée par un certain Veljko Basic. Mais qu'importe, pour le premier match contre les bleus et leurs deux matchs amicaux, les italiens auront eux un gros capital confiance à domicile et du rythme de jeu.
Il restera enfin la Chine, une équipe qui avait progressé pour les JO, mais qui peine à s'installer durablement au top niveau. Cela pourrait être en revanche l'équipe trouble fête de la poule.
Dans les autres poules, le Brésil devrait sortir de la poule A, mais devra se méfier de la Bulgarie qui a des arguments pour créer la surprise ! En poule C il y aura un beau duel USA-RUSSIE à suivre, tandis qu'en poule D l'Argentine (pays organisateur) est deja qualifiée, et que la Pologne aura fort à faire face à Cuba et l'Allemagne.

Après des débuts très difficiles face a l'Italie contre laquelle les francais ont manqué de rythme et d'expérience, puis contre la Serbie contre laquelle ce sont les money time qui ont été mal gérés, il va falloir inverser la vapeur. L'équipe de France a disputé les premiers matchs de son histoire dans le cadre agréable de l'Ile de la Réunion, et a décroché une première victoire contre la Chine avec un Rouzier de retour. Le plaisir a été de courte durée, car les bleus ont ensuite chuté lors du second match. Mais il est certain que cela a relancé la machine et stimulé les ambitions.
Lors des matchs retour, les bleus ont réussi l'objectif principal de remporter le match de Bercy, qui constitue toujours la vitrine médiatique de la Ligue Mondiale en France dans les grands médias. Ce n'était pas si évident que cela, face à l'Italie en pleine forme, cela rajoute de la saveur à cette victoire ! D'ailleurs si Bercy n'affichait pas complet, la billetterie a été supérieure aux années précédentes, en partie grâce à la campagne médiatique sur Internet à laquelle Multivolley a participé.

Mais l'inconstance est bien le problème majeur des bleus. Antonin Rouzier blessé, c'est avec Vadeleux que le poste de pointu a été solutionné. Et en terme de changement, c'est Yannick Bazin qui en a fait les frais, Philippe Blain ayant décidé de le remplacer par Toniutti. Autre blessure ensuite pour Earvin Ngapeth, sans gravité semble t'il. Les bleus ont poursuivi leur route en Serbie, avec comme le weekend précédent une brillante victoire et une défaite par manque d'inspiration dans le money time. Enfin le dernier weekend a confirmé que les bleus sont plutôt à l'aise dans le tie break cette année, une bonne nouvelle pour l'état de fraicheur physique en fin de match ! Et surement le résultat du travail de l'éminent Jean SENGES, un as de la préparation physique.
Bilan mitigé donc, mais encourageant: les bleus sont capables de réaliser des exploits ponctuellement, c'est une bonne nouvelle car ils ont donc des arguments physiques et technico-tactiques. Cela ne sera peut être pas suffisant s'ils trouvent sur la route du mondial des équipes comme le Brésil ou Cuba, mais ils peuvent créer la surprise. Les matchs ont permis de cibler le travail à réaliser, et le collectif de Philippe Blain présente de nombreuses possibilités d'aménagements pour régler ces problèmes d'inconstance. Rendez vous dans quelques semaines donc, pour une possible nouvelle médaille surprise ?

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