Vous êtes passé près. Que vous a-t'il manqué dans les deux derniers sets ?
"De la stabilité en réception dans un premier temps. Les Bulgares ont très bien servi, de façon agressive et sur des cibles très profondes. Lorsqu'on a voulu s'ajuster, elles ont su revenir à des séries plus courtes, dans le début du cinquième set entre autres. La réception a donc subi, or nous n'avons pas de solutions dans ce domaine.
Enfin, au moment de conclure, certaines joueuses ont eu peur de faire des fautes, de rater, de décevoir. Cette fébrilité nous fait mal car elle nous met en situation d'infériorité psychologique. En plus, ces joueuses étaient des réceptionneuses, cela n'a pas aidé à résoudre le premier problème. La leçon du match, c'est que la seule chose dont il faut avoir peur, c'est de ne pas être agressif."
Vous avez presque utilisé tout le collectif; de l'autre côté ZETOVA réalise son troisième festival. Il manque un vrai leader chez les françaises, non ?
"Oui, toutes les équipes les mieux classées disposent d'une telle joueuse, de quelqu'un qui va prendre ses responsabilités dans les moments cruciaux, rassurer ses partenaires, invectiver celles qui commencent à douter. C'est vrai que notre groupe est homogène et que lorsque quelqu'un souffre, il est difficile aux autres d'assurer encore plus de parts de responsabilités.
Maintenant, nous n'avons pas ce profil de joueuse, aussi il est inutile de se lamenter. A nous de trouver d'autres solutions, de veiller à ce que tout le monde reste en confiance... On ne bâti pas une équipe avec des manques, mais avec des ressources et des options."
Virgine KADJO est l'une des centrales les plus petites et les plus efficaces de la poule. Peut-elle évoluer longtemps à ce niveau ?
"Sur le plan offensif, oui, car sa vitesse et ses changements de rythme posent problèmes à tout le monde. Le secteur où elle risque de pêcher très vite, c'est le contre. Difficile de jouer en lecture face aux très grandes, car elle doit sauter à chaque fois à son maximum pour être efficace. Lorsqu'on est systématiquement en sur-régime, on finit par faire des fautes. La moindre erreur de timing ou de placement est fatale.
Bref, je pense que le contre l'incitera à changer de poste si elle veut rester sur le haut-niveau international."