Vous revoila parmi les juniors. Que pensez-vous du niveau du tournoi ? Quelles sont les différences avec les seniors ?
"Le niveau du tournoi de qualification est inférieur au top 10 européen. Les équipes sont bien en dessous de l'Allemagne, de la Biélorussie, de l'Italie ou la Russie... Ceci étant, la Bulgarie et la Hongrie sont de bonnes équipes. La différence avec les meilleures est essentiellement physique. Je peux donc affirmer que le tirage au sort nous a été favorable.
Ce qui change par rapport à l'équipe de France senior concerne surtout l'état d'esprit. Les jeunes ont besoin d'un collectif très soudé pour supporter les différentes émotions. Sans groupe, l'équipe n'existe pas. En senior, la maturité permet de passer outre les divergences personnelles. On peut ne pas s'entendre en dehors de la salle, et très bien jouer ensemble.
Les rapports de force sont encore plus instables en junior. Cela explique les grosses séries de points, et les dynamiques qui s'inversent pour très peu de choses. Une petite équipe peut faire douter une grosse cylindrée avec seulement une bonne série de 2 ou 3 excellents services. Le maintien de la concentration et de l'agressivité sont un combat permanent."
Et les tricolores cette année ? Les centres de formation et les clubs permettent-ils de sortir une bonne équipe de France ?
"Nous sommes dans une phase de transition, où des jeunes arrivent. Elles ont du potentiel et travaillent bien. Il faut leur laisser un peu de temps tout en essayant de profiter de l'acquis de leurs ainées (grâce au dernier euro, la France fait partie des têtes de série).
Les Centres de formation offrent d'excellentes structures pour travailler. Je suis aussi persuadé que les potentiels existent. Je crois que le plus gros manque vient du peu de cadres dont dispose le secteur féminin. Il faut trouver des entraîneurs, les former, les intéresser, et ne pas oublier ceux qui sont en place et ne demandent qu'à faire partie de l'aventure..."
Chez les seniors, comment se passe cette transition ?
"L'ambiance est au travail, au sérieux. Des anciennes devraient encadrer les nouvelles. Certaines naturalisées comme RAVVA devraient même renforcer nos rangs. Je pense donc que l'avenir peut être prometteur à une condition: que l'amalgame de ces trois types de joueuses se fasse dans la compréhension, avec des objectifs identiques pour chacunes d'entre elles."