Aujourd'hui débute la visite d'évaluation des Jeux Olympiques version parisienne en 2012. Lors de la procédure d'attribution des Jeux Olympiques, ce sont les villes et non les pays qui se portent candidates vis à vis du CIO. Les enjeux économiques sont colossaux puisque les travaux urbains qui sont réalisés pour les JO permettent à de grandes villes de rénover et créer de grands complexes sportifs, mais aussi de développer l'urbanisation de la ville (en raison des contraintes logistiques qui génèrent de nouveaux transports en commun ou grâce au village olympique qui est ensuite transformé en zone résidentielle neuve) en plus de l'argent généré par les différents droits. Si peu de villes sortent bénéficiaires de ces JO à court terme (les Atheniens sont endettés pour quelques décennies) il faut reconnaitre que recevoir les Jeux Olympiques est un projet fédérateur et générateur d'emploi à court et moyen terme.
C'est d'ailleurs la sixième tentative pour une ville française de recevoir les Jeux Olympiques d'été: Stockholm l'emporte sur Paris en 1956, Lyon perd devant Mexico en 1968, Paris perdra encore devant Barcelone en 1992 et Pékin en 2008, et Lille s'inclinera pour sa part pour ceux de 2004.
Mais les temps changent, et aujourdhui le dossier de Paris est solide: Les autres villes candidates ont aussi des atouts, mais on peut "espérer" que l'actualité internationale l'emportera. En effet,
- Madrid pourrait être éliminée car Barcelone 1992 est très près
- New York pourrait être éliminée en raison d'Atlanta et des menaces terroristes
- Moscou pourrait être éliminée en raison des incidents politiques des derniers mois
- Londres est le candidat le plus en vue, mais le dossier "serait" moins bon, aux dires mêmes de la Reine d'Angleterre.
- On se souviendra tout de même que la dernière candidature Parisienne s'était soldée par un cuisant échec pour les JO 2008, malgré ce que le Comité d'Organisation pensait après la Coupe du Monde de football... Toutefois, la position courageuse de la France dans le contexte géo-politique actuel peut être favorable à Paris.
Donc rien n'est fait, et lorsque sport, argent et politique internationale se mêlent, il est difficile d'y voir clair... S'il y a de fortes chances que les JO 2012 aient lieu en Europe, rien ne permet de dire que Paris est LA candidate idéale. Du coup, le Comité d'Organisation a tiré les lecons de l'échec précédent, synthétisé les bonnes idées de son homologue Grec (comme les voies de circulation olympique par exemple), et demandé au pays tout entier de manifester son intérêt pour les JO. Ainsi, 3500 affiches 4x3 supplémentaires couvrent aujourd'hui les murs de la capitale, en plus de tous les autocollants, des emails de soutien ou des voitures de police décorées, symbolisant autant de soutien au Comité d'Organisation.
Afin de parfaire le tableau, on notera que quelques groupes manifestent contre cette candidature et que la menace de grèves "à la française" pourrait bien rappeler de manière fort négative aux évaluateurs que la France est une démocratie parfois difficile à gérer. Les français n'ont pas nécessairement la côte aux yeux de nombreux pays étrangers, bien au contraire, et les influences qui pèsent sur la commission d'évaluation sont très difficilement perceptibles, bien que son vote déclenche des enjeux colossaux !
D'ailleurs, l'avenir même de l'actuel Ministère des Sports est en jeu: si les JO sont parisiens, alors le sport français va connaitre sept grandes années de moyens économiques de premier ordre; mais si Paris perdait l'existence même du Ministère des Sports pourrait être remise en cause dans notre contexte économique actuel de réduction des effectifs publics...
Côté Volley-Ball, la compétition indoor aurait lieu à BERCY, tandis que le BeachVolley joue déjà les répétitions cet été sur le Champ de Mars avec le Swatch World Tour, dont les tribunes de 6000 places constitueront un argument de poids. Quelle est la préférence de la FIVB ? Aucune idée ! Avec son récent soutien au Royaume Uni lors des premiers tours du championnat du Monde, les bons résultats des américains, ainsi que ceux plus contrastés des Francais, des Russes et des Espagnols, on ne peut pas imaginer que l'aspect sportif des équipes nationales ait vraiment beaucoup de poids dans l'immense mécanisme de décision de cette commission. La réponse sera là dans les semaines à venir !